Nanar

 

 

Explose la gueule jaune des caboclas,

A grands coups de batte, je suis du clan mongol.

J’ai bâti mon dur corps tatoué pour la casse,

Et à Santiago du Chili tu t’étioles.

 

Dans la chaleur nocturne du bal tropical,

Trop de poudre cosmique dans les narines,

J’ai avalé le poisson, l’eau, et son bocal,

Aux bras des naïades dans la piscine.

 

Jamais parler du passé !

Même complètement schlass.

Les souvenirs ? Oubliés !

Sucés par des connasses.

 

Conduire un 38 tonnes, bourré de napalm,

Surtout en période de grandes marées,

Under the pressure, faut garder son calme.

La tequila au volant, pour rester branché.

 

Se la péter à max, en chemise hawaïenne,

En short XXL, tirant un gros cigare,

Cabine tapissée de posters de chiennes,

Et derrière les lunettes, fier de son art.

 

Jamais parler du passé !

Même complètement schlass.

Les souvenirs ? Oubliés !

Sucés par des connasses.

 

Les multinationales de l’import-export,

Gangrène moderne du Pouvoir révolu,

Te goinfrent avec leurs catalogues pour porcs,

De gadgets si stupides, et de déjà-vu.

 

Parle des sujets comme parlent les médias,

Ingurgite les soleils verts, les néons bleus,

Big-brother les mâche d'avance, quel rapiat !

Du contestataire ? Dans ce rayon monsieur.

 

Jamais parler du passé !

Même complètement schlass.

Les souvenirs ? Oubliés !

Sucés par des connasses.

 

Tu ne crois plus à la sozial-démocratie ?

C’est que tu es sorti de classe ouvière !

Va à Ikéa pour être enfin assagi.

Tu fais bien ami, voilà les militaires.

 

Barbare exilé au large du bizness,

La fraternité d’infortune des sans thunes,

Et les culs dorés des sauvages maîtresses,

Valent bien leurs maudits paradis sans lune.

 

Jamais parler du passé !

Même complètement schlass.

Les souvenirs ? Oubliés !

Sucés par des connasses.

 

 

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