Une orphie et un bar

 

 

Seul, en revenant au port,

Les mâts des voiliers chantaient,

Laissés à leur triste sort,

Cale vide, vent mauvais.

 

Nos gueules pleines de sel,

Ont fait fuir les démons,

Les mouettes dans le ciel,

Attendaient leur gueuleton.

 

La nuit copulait sur l’eau,

Malgré le bruit du moteur,

J’entendais bien dans mon dos,

Leurs sales rires moqueurs.

 

Les tripes du carnassier,

Répandues sur le ponton,

D’un coup de lame posé,

Signal pour l’agitation.

 

Venez ! Nuées stupides,

Habituées des décharges,

Vos petits yeux cupides,

Rapines à la marge.

 

Puis, j’ai rincé le poisson,

Songé à la cuisine,

Beurre blanc, et court-bouillon,

Avec plusieurs chopines.

 

 

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