Le Petit Lexique à l'usage des mal-comprenants ©

De Guy VANETTON ©


OUVRAGE NON AGREE PAR LE CIRPOMPE

 

Préface à la deuxième édition

 

Etablir un lexique est toujours un travail de longue haleine qui demande une patience d'entomologiste ainsi que de constantes réactualisations, et ceci dans un esprit de communication entre les hommes. En effet, une langue se parle et vit au rythme de ses locuteurs. Aussi l'édition de 1834 commençait sérieusement à ne plus supporter ses lacunes. C'est pourquoi cette nouvelle édition, entièrement refondue, apportent bien des mutations. Nous constatons, tout en le déplorant, la prolifération d'abréviations qui marque l'orientation d'un langage spécialisé : le jargon des batailles. Des mots-sigles de plus en plus contractés qui claquent comme un ordre. Mais nous y trouvons de nouvelles expressions vertes et tout en saveur que se doit de connaître tout lecteur cultivé.

 

Préface à la huitième édition

 

Lorsque je commençais cet ouvrage, voilà déjà plus de trente ans, je ne m’attendais sûrement pas au succès et à l’audience toujours croissante de ce Petit Lexique, dont la présente huitième édition fournit la preuve flagrante, s’il en était encore besoin, de l’engouement qu’il suscite. Je suis également heureux de constater que cet ouvrage rencontre un public jeune, avide de connaître et qui trouve dans mon travail l’outil nécessaire à l’étude, puisque ma visée initiale était bien celle-ci : permettre au plus grand nombre de parfaire sa culture. Ma pensée pédagogique a toujours été marquée d’un souci constant de vulgarisation, qui ne veut pas dire allonger des platitudes et vider de leurs sens complexes les phénomènes observés.

J’ai pu travailler dans cette optique grâce au soutien financier de responsables politiques qui m’alouèrent généreusement de quoi développer cette étude en pillant allègrement les deniers publics. Qu’ils trouvent ici mes remerciements les plus sincères. Quant aux autres, aux grognons que le talent dérange, que cette huitième édition les fasse réflechir au bien fondé de leur attitude.

Guy VANETTON, Janvier 1997.

 


A (alpha)

 

AD : (abrév.) A Disposition. Etre à disposition de : aux ordres de.

AD la plage, la nouille : (exp. V Caso) être temporairement sans occupation pressante et en prenant une grande liberté de comportement ; être nonchalant, étranger au stress de la mission.

ALAT : (abrév.) (ant. Association de Loisirs de l'Armée de Terre) Aviation Légère de l'Armée de Terre.

Ambiance : (n.fem.) Tactique ou NBC, l'ambiance se doit de toujours rester courtoise. L'ambiance NBC se remarque par le port de l'ANPVP et du S3P.

ANALAC : (abrév. Dite "Sacro sainte Règle des trois A") moyen mnémotechnique pour la mise en service d'un PP11 : Antenne, Alimentation, Accessoire.

Ancien : (n. Masc) MDR libérable sous quatre mois.

ANPVP : (abrév.) Appareil Normal de Protection à Vision Panoramique. Masque à gaz.

Arrêter de mourir : (exp.) exécuter sans broncher ni se plaindre l'ordre

ASM : (abrév.) Absence Sans Motif.

Asmater : (verb. Trans.) gourmander, tancer.

Aspi : (dim. n. masc.) Aspirant. Appelé du contingent qui effectue son service national en tant qu'officier (1er grade d'officier). Il bulle au CIJAS ou au BRH. Les plus TTA sont chef de peloton.

Au temps pour moi : (exp.) veuillez m'excuser. Un militaire ne s'excuse jamais, mais reconnaît qu'il a fauté en s'en attribuant l'entière responsabilité (uniquement pour les erreurs minimes). Cette expression est le sésame pour une conversation vraiment TTA.

 


B (bravo)

 

 

BAB : (abrév.) Bouchon Anti Bruit.

BAC + 40 : (ant. Analphabète) ex-lycéen.

Bande patro : (n. Fem) abréviation pour bande patronymique. Chaque personnel doit avoir son patronyme visible de tous.

Bécane : (n. Fem) Ordinateur.

Bible : (n. Fem.) Règlement qui regroupe tous les motifs de punitions.

Bichef : (n. Masc.) Diminutif de Brigadier-chef. Contrairement à ce qu'a toujours pensé l'Ecole de Berlin, ce terme ne vise absolument pas le mode de reproduction des chefs.

Binôme : (n. Masc. Syn. Morbak) couple stérile de GV.

Binouze : (n. Fem. AncFr. 1243 Bilouze Argot Picard 1664 Milouse) boisson à base d'eau et d'orge fermenté (houblon).

BIP : (abrév.) Bâton Individuel de Protection, matraque.

Bitos : (n. Masc V groom) nouveau Militaire Du Rang.

Blaireau : (n. masc.) Suivant la définition usuelle : "blaireau n'est pas une insulte, c'est un mammifère qui pue". Insulte favorite qui dans sa formule complète s'adjoint du complément TTA "de base". Exemple : "blaireau de base !".

Bordel : (n. Masc) Caserne, Régiment.

BP : (abrév.) Bulletin de Punition.

Branle quequette : (n. Masc ant. TTA) jean foutre.

Bricard : (n. Masc. Syn. Capo pr Caporal) Diminutif affectueux de Brigadier, premier grade de l'Armée Française. Comme dans toute structure hiérarchisée, il est bon de prélever quelques individus dans la masse qui est commandée. Cela permet d'une part de remplir des tâches qui dégraderaient les sous-officers (et donc de maintenir une frontière entre classes) et d'autre part d'étaler la chaîne de commandement et donc d'impliquer l'ensemble puisqu'une ascension reste toujours possible.

BTB : (abrév.) Bouchon de Tir à Blanc, que l'on visse sur le famas pour qu'il reste une arme automatique.


C (charly)

 

 

Cadre : (ant. MDR) A l'instar de son cousin économique dont il ne partage pourtant pas la solde, le cadre militaire se reconnaît par certaines distinctions fort subtiles et surtout par une dotation en divers accessoires beaucoup plus riche que le MDR.

Carré : (syn. TTA) militaire jusqu'au bout des rangers. 1 au carré : manière de ranger une chambre ou une armoire. 2. Carré de chez carré : Parfaitement TTA.

Caso (abrév. pour casernement) : La célébrité du Caso tient à l'écart paradoxal qu'il y a entre le travail à fournir et le nombre de MDR en service. La renommée du Caso provient aussi du nombre considérable de 72 accordée aux MDR.

CCT : (abrév.) Conducteur Citerne Tactique.

Chant : (n. Masc) Bruit d'ensemble utilisé afin d'affermir la cohésion d'un groupe. Le chant est entonné pendant les déplacements en OS ou les marches.

Chasse : (n. Fem) remontrance

(En) chier sa race : (loc. Fam.) Éprouver des difficultés, un sentiment de pénibilité.

Chouffer : 1. Surveiller un objet à garder. 2. guetter.

Chousse kékés : (exp.) tout "chousse" dans les buissons.

Classes : (n. Fem. pl.) Période d'instruction des appelés fraîchement incorporés, où il s'agit d'apprendre les rudiments de la vie militaire, et qui se termine par l'inévitable sortie-terrain.

Civil : (n. Masc.) personne non militaire, profane ignorant la chose militaire.

Cohésion (n. Fem.) : Valeur unanimement célébrée, incarnant l'idéal TTA, tout se voit attribuer la qualification de cohésion. Ainsi, une marche de groupe vise à affermir la cohésion du groupe, il s'agit d'une marche-cohésion. Un verre pris entre personnel d'un même peloton sera un pot-cohésion, etc. C'est pourquoi d'ailleurs, le régiment se divise en unités. Dialectique de l'Un et du Multiple, la pluralité est toujours homogène, elle reste unie.

Commander au galon : (expr.) Se dit pour blâmer un gradé qui commande en usant ostensiblement de son grade. Dans l'Imaginaire militaire, comme chez Platon, l'autorité est fondée sur le savoir ou du moins sur la technê. C'est une façon de maquiller le rapport de pouvoir (mot auquel se substitue toujours le mot autorité) et la modalité coercitive de l'exercice de ce pouvoir.

Commando : 1. (adj.) Qualificatif très prisé car il donne une valeur éminemment militaire à tout et n'importe quoi. Ainsi, il y a des pulls commandos, des cagoules commandos, un laçage commando des rangers , des stages commandos, etc. 2. (Les commandos) Titre d'un chant parachutiste célèbre.

Consignes (tour de) (expr.) : Punition réservée aux fautes bénines. Le puni est consigné sur base, il n'a pas le droit d'en sortir et se fait généralement sucrer son week-end.

Contingent : (n. Masc faible) Les incorporations de MDR ont lieu tous les deux mois pairs. Un MDR incorporé en février sera du contingent O2, en août, il aurait été du contingent 08. Mais chose curieuse, le numéro se féminise de telle sorte qu'à la question fréquente " t'es de la combien ? ", il faut répondre "de la 02".

Couleurs : (n. Fem pl.) Cérémonie militaire quotidienne qui se décompose en deux phases distinctes : le matin, on hisse le drapeau tricolore sur le mat des couleurs (totémisme à peine voilé) et le soir venu on le redescend. Il est à noter que le drapeau ne doit à aucun prix toucher le sol (culture of shame, avec la crainte des miasmas, de la souillure ; Frazer raconte qu'un jeune appelé fut puni de quarante jours d'arrêts pour avoir contrevenu au déroulement de la cérémonie). Le drapeau replié doit également apparaître uniquement bleu, obligation magique fort énigmatique.

CRI : (abrév.) Compte-Rendu Immédiat. Exemple : Gouttelette ! lors d'une attaque chimique sous forme de liquide.


D

(delta)

 

De chez : (compl. Gen.) Figure de style utilisée pour appuyer un caractère par une redondance. Par exemple : "carré de chez carré", "ducon de chez ducon".

Décrassage : (n. Masc) activité sportive assez intense ; le terme "décrassage" est utilisé comme litote pour présenter comme un échauffement, une simple mise en condition, un exercice physique complet (par exemple : dérouler un PO).

De daube : de mauvaise qualité (V ordinaire).

DEFNAT : (abrév.) Médaille de la Défense Nationale.

Deux de tension : (ant. Percuter ; syn. lymphatique) expression métaphorique utilisée pour désigner les personnels qui n'ont pas des réactions très vives.

DMF : (abrév.) Dispositif de Mise à Feu. Il peut s'agir d'un DMF d'une MIAPED.

DO : (abrév.) Disponibilité opérationnelle, (V TIG d'escadrille).

DDRO : (abrév.) Distance Direction Repère Objectif.


 

E

(écho)

 

 

EIT : (abrév.) Équipe d'Intervention à Temps.

EVAT : (abrév.) Engagé Volontaire de l'Armée de Terre.

Exempt de la vie : (expr.) Dans l'univers impitoyable du TTA incarné, nombreux sont ceux qui s'évertuent à esquiver toutes les activités. Cette tendance éternelle de l'être humain trouve une certaine réalisation depuis que l'Armée a renoncé aux châtiments corporels. Ainsi, certains sont exempts de cross, de port de charge lourde, de marche, de tir, etc. L'expression est utilisée par les cadres pour railler les multiples exemptions de certains personnels, ou bien les personnels qui souffrent dans l'exécution d'une tâche, et marque leur profond désaccord aux renoncements consentis.

Exfiltration : (n. Fem. class.) comme la fuite, mot auquel se substitue le terme moins péjoratif de repli stratégique, l'exfiltration désigne techniquement l'évacuation d'une équipe commando après l'accomplissement de la mission (regroupement en un point pour évacuation).


 

F

(fox-trott)

 

 

Face (Dans ta) : (exp.) 1. Renvoyant aux moeurs de libérables, l'expression doit être précédée d'un chiffre qui indique le nombre de jours, qui restent avant la libération. 2. (Litt.) Le raffinement consiste à faire précéder l'expression d'une petite énigme qui doit amener l'interlocuteur à prononcer un chiffre, et le libérable exulte un "dans un face !".

(Le) Faire : expression monolithique qui partage l'avenir en deux parties totalement dissymétriques : le réalisable ("çà va le faire") et l'irréalisable ("çà va pas le faire"). On peut souligner ici l'influence du néo-stoïcisme puisque la conjecture se double d'un jugement moral qui statue à partir d'une conformité au TTA en-soi selon les catégories du bon et du mauvais. Reste à élucider le lien précisément caché, entre l'irréalisable et le mauvais. On retrouve alors une thématique bien connue : ce qui a un degré moindre de réalité est le mauvais.

FAMAS : (abrév.) Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armement de St.-Etienne. Comme le TGV, le Leclerc, le Rafale, etc., le Famas est le meilleur fusil du monde ou plus précisément le fusil automatique que le monde entier nous envie mais que personne ne nous achète.

(C'est pas la) Fête du slip : (exp. Ignorer le TTA220, V libérable) Sorte de fête exutoire, la fête du slip trouve son origine dans une organisation des chambrées. Les armoires et les lits, comme tout le reste doivent être au carré (dans un certain agencement), et donc aucun sous-vêtement ne doit être visible. Quand arrive la période de la fête du slip (proche d'une libération), les personnels décorent tout ce qu'ils trouvent à l'aide de slips en psalmodiant de barbares gémissements gutturaux. On a pu y voir la résurgence d'un culte dionysiaque ou encore phallique puisque certains miment sans le comprendre des coïts sans objet. En tant qu'expression utilisée par l'autorité, "la fête du slip" marque un appel à l'ordre et à une certaine contenance.

FIC : (abrév.) Formation Instruction au Combat.

FMG : (abrév.) Formation Militaire Générale.

FOMECBLOT : (abrév.) (V FOMEC, FOMBECTO) : Fond/Forme, Ombre, Mouvement, Eclat, Couleur, Bruit, Lumière, Odeur, Trace. Principe directeur du camouflage TTA. Pour être vraiment dans le vent et faire class, préférez l'abréviation FOMEC.

(À) Fond d'dans : (contraction pour :) A fond dedans. Cette expression est utilisé sans jugement de valeur pour constater l'entière dévouement et le total investissement d'une personne dans une activité. A l'instar du trip baba-cool, le "a fond d'dans" marque l'étonnement devant l'incarnation ontique d'une essence.

Fourre : (n. Fem.) Magasin du corps, véritable droguerie, on y trouve tout ce qui est relatif à l'équipement de la vie en campagne et à l'entretien des chambrées. Les MDR entrepose également, lors de PLD, leurs affaires à la Fourre.

Foyer : (n. Masc.) Cafétéria des MDR.


 

G

(golf)

 

 

Garde-à-vous ! : (N. Masc. Syn. A'vous !, Ahue !, Vaous ! Gadavous ! Ant : Repos !) Ordre éructé à tout bout de champ dans les casernes mais principalement lors des couleurs ou des rapports. Position quasi naturelle du militaire qui sert à marquer le respect devant l'autorité et non l'appétit sexuel.

Goret : (n. Masc.) Personnel MDR, généralement pendant leur incorporation et la FIC.

Grattage : (n. Masc. Syn. TIG) Source d'inspiration pour la Française des Jeux, le grattage est un grand classique : il s'agit lors de la visite programmé d'une autorité supérieure (Général de brigade) de récurer l'ensemble des bâtiment et des sanitaires. Le grattage peut également être proposé à titre d'activité conditionnelle : grattage ou pas de permissions. Inutile de dire qu'une telle alternative provoque aussitôt l'assentiment général et déchaîne l'enthousiasme le plus fébrile chez les MDR.

GV : (abrév.) Grenadier-Voltigeur. Durée de vie sur le Terrain = 7 secondes.

 


H

(hotel)

 

 

Halte là qui va là ? : (expr.) Mantra de la sentinelle ou du planton, qu'ils répètent sans arrêt de préférence à l'OP, afin de parvenir à l'état de Satori, de parfaite illumination. On raconte que cette phrase ne constituerait que le début de la longue initiation de la sentinelle car les plus anciens rapportent qu'elle comporte l'apprentissage quotidien de vers sibyllins que l'on nomme "cri de ralliement" et "mot de passe".

(L') Heure : Il faut pour un parler vraiment TTA ne pas prononcer le mot heure ni le mot minute, ainsi seuls les chiffres doivent être entendus. Exemple : "je serais de retour à 10.21".


I

(india)

 

 

Insigne : (n. Masc. Syn. Babiole, colifichet, pacotille) Pin's parlant qui égosille "garde-à-vous".

(à) l'Issue : (loc.) après avoir fait ce qui est demandé. Exemple : "à l'issue du rapport, AD chef de poste".


J

(juliett)

 

 

 

JBS : (abrév.) Jours de Bon Soldat. Jours de PLD supplémentaires accordés à titre de récompense.

JVN : (abrév.) Jumelle de Vision Nocturne.

 


L

(lima)

 

 

Libérable : (n.masc.) MDR qui va bientôt être libéré des obligations militaires sous deux mois. Le libérable se reconnaît par son visage lunaire et ses yeux vides. Il passe le plus clair de son temps à bramer "libérable" à toute heure du jour et de la nuit. Bientôt totalement lobotomisé, il pourra rejoindre la vie civile et l'ANPE une quille autour du cou.

Libé : (abrév. pour libération) libération des libérables d'un contingent.

 


M

(mike)

 

 

Mains dans les poches, coups dans les baloches, mains dans les fouilles, coups dans les couilles : (dicton) L'un des interdits sur Base.

Maître-chien : (syn. Maître WhaWha) Appartenant à la Très Sainte Confrérie des Maître-Chiens, aux origines obscures et aux rites mystérieux, le maître-chien se distingue du militaire normale par son familier (vicaerum daemonem), qui le plus souvent est un berger (allemand, belge, danois, etc.). Le novice doit parvenir à une totale empathie avec son double canin, symbolisée lors de la cérémonie d'initiation par la communion du canigou.

Manche à boules : (syn. Grosse bitte) personne gourde et maladroite.

Margis : (n. Masc) Diminutif par contraction de MDL.

MDR : (abrév.) Militaire du Rang.

MDL : (abrév.) Maréchal Des Logis.

Mef : (abrév.) Méfiance. En ambiance tactique, ou lors d'une revue TIG d'escadrille, il faut faire attention, à l'ennemi, à la propreté des lieux. Aussi, l'autorité enjoint-elle les troupes à la prudence par un "mef!", voire un "méga mef !".

Mess : cantine pour cadres.

MIAPED : (abrév.) Mine Anti Personnel à Effets Dirigés. 1. Saloperie qui pète à la gueule. 2. Jouet vendu par la Chine aux enfants du Tiers Monde.

Moulée : (n.fem.) en silence. L'ambiance tactique exige le silence le plus total (V ambiance) Loc. "la moulée !", "moulez là !".

MVAVT : (abrév.) Mécanicien Volant sur Aéronefs à Voilure Tournante.


 

N

(november)

 

 

Nain de Jardin : petite personne (V maître-chien, peloton cynotechnique).

NBC : (abrév.) Nucléaire Bactériologique Chimique.

Nickel crome : 1. propre (en parlant d'une arme) 2. TTA, de bonne facture

NVA : (abrév.) Nature Volume Attitude.

 


O

(oscar)

 

 

OP : (abrév.) Officier de Permanence.

Ordinaire : Cantine pour MDR.

OS : (abrév.) Ordre serré.

 


P

(papa)

 

 

PA : (abrév.) Pistolet Automatique de la manufacture d'armement de Chatellerault modèle 1950.

PAS : (abrév.) Prévenir Alerter Secourir.

PATC : (abrév.) Permission à Titre de Convalescence.

PATRACDR : (abrév.) Personnel Armement Tenue Radio Alimentation Camouflage Divers Rassemblement.

PAV : (abrév.) Passage en Atmosphère Viciée. Comme toute institution vénérable, l'armée Française conserve jalousement ses traditions, dont l'une d'elle est de bromurer les jeunes recrues.

PEG : (abrév.) Peloton d'élèves gradés.

Pelouse : (n. Masc) MDR non gradé, ni distingué (1°CL).

Perception : (n. Fem.) Un militaire reçoit des ordres et perçoit des objets.

Percuter : (verb. Intransitif.) réagir promptement à l'ordre.

Personnel : (ant. Matériel) les hommes. Dans un souci de rationalisation économique et sous l'influence du pragmatisme, les militaires utilisent le vocable des RH (ressources humaines).

PESO : (abrév.) Peloton d'élèves sous-officiers.

PIF : (abrév.) Point à atteindre Itinéraire Formation.

(se) Pignoler : (syn. AD la nouille) se masturber. (par all.) Se moquer ouvertement de ce que dit l'autorité. Ne pas tenir compte des ordres.

PLD : (abrév.) Permission Longue Durée

PLS : (abrév.) Position Latérale de Sécurité.

PM : (abrév.) Préparation Militaire.

PMFAT : (abrév. Syn. Nympho, salope, boudin) Personnel Militaire Féminin de l'Armée de Terre.

PMSPCP :( abrév.) Position Mission Secteur d'Observation Conduite à tenir Mot de passe Place du chef Point Particulier.

PO : (abrév.) Parcours d'obstacles dit par les civils parcours du combattant.

Pousser : (verb. Trans.) Faire parvenir à (en parlant d'un message, d'une note).

Présentation : (n. Fém.) Action de décliner son grade, nom et son contingent devant l'autorité. Doit toujours être soignée.

Psycho de base : (syn. Robocop, Gobelin) soldat qui marche, involontairement, difficilement au pas.

Psychoter : 1. (Origine) Soldat qui n'arrive pas à marcher au pas. 2. (MDR) Cadre qui applique à la lettre le TTA. 3. (Cadre) réfléchir. La dichotomie principale du corpus militaire est celle qui sépare le domaine de la réflexion (qui implique un temps de désobéissance) et le domaine idéal du TTA en-soi. Cette opposition entre deux sphères ontologiques est le présupposé de l'articulation et du déploiement du concept majeur de l'Imaginaire militaire : le TTA en-soi et pour-soi.

Pulser : ( verb. Intrans.) exécuter promptement l'ordre


 

Q

(quebec)

 

Qui va bien : (loc.) idiotisme ajouté à titre de complément à toutes les actions quotidiennes, par exemple au petit-déjeuner : le café qui va bien.

QL : (abrév.) Quartier Libre. Exception : quand l'autorité se trouve dans l'impossibilité d'occuper les troupes, elle proclame, avec une générosité affichée, un quartier libre qui signifie que les troupes sont AD la plage sans infraction.


R

(roméo)

 

 

Rabiste : (n. Masc.) MDR qui à cause des jours d'arrêt sera maintenu au corps pendant une certaine période proportionnelle et qui donc ne sera pas libéré avec son contingent ; il fait du rab.

Rapport : (n. Masc.) cérémonie militaire quotidienne qui a lieu le matin et le midi. Le rapport est en quelque sorte le Pow Wo de la tribu, où l'autorité informe ses subordonnés. Le rituel immuable commence pas un Garde-à-vous/Repos/garde-à-vous/Repos qui donne la mesure rythmique du discours à suivre et le ton enjoué de la cérémonie.

RAS dans le talweg : Roméo Alpha Sierra, i.e. "Rien à signaler".

Rasket : (n. Fem.) Nourriture en carton réservée au combattant en campagne.

Reçu : (expr.) Terme de procédure radio qui est passé dans le parler TTA et qui signifie que l'on a bien pris note de l'ordre et que l'on va l'exécuter.

Rendre compte : (verb. Trans.) informer l'autorité de. Proverbe de la sagesse TTA : "il faut rendre compte immédiatement".

Ressembler (à rien) : (verb. Intrans.) Insulte utilisée avec un tact psychologique déconcertant par les instructeurs pour motiver les jeunes recrues : "tu ne ressembles à rien", i.e. tu n'es pas TTA.

Réveil : (n. Masc) 1. CRI du réveil des troupes le matin dans les chambrées. 2. Réveil musculaire : échauffement (V décrassage).

RICR : (abrév. V Rasket) Ration Individuelle du Combattant Rechauffable.

RIDLPABV : (abrév.) Récipient Individuel De Liquide Potable A Bouchon Vissable. Gourde.

Ronker : (verb. Intrans.) dormir.


 

S

(sierra)

 

 

Salut : (n. Masc.) Un des usages militaires est de se frapper la tempe droite avec la main droite tendue pour dire bonjour. D'où le nombre très élevé d'embolie cérébrale chez les vieux militaires.

Semaine Régimentaire : (n. Fém.) Lieu magique où se trouvent les clés des chambres.

(Carte) SMA : (abrév.) (hom. Sado-Maso Anal) Service Militaire Actif. La carte donne le droit à 75 % de réduction sur le trajet de permission, ce qui, compte tenu de la solde mensuel des MDR ( un petit 500 F), place la SNCF au rang des transporteurs de luxe.

(Se) Sortir les doigts du cul : (loc. N'être plus AD la plage) se mettre enfin au travail.

S3P : (abrév.) Survêtement de Protection à Port Permanent. Immonde pyjama inconfortable, il n'en reste pas moins indispensable en cas d'attaque chimique. Le S3P d'instruction est de couleur marron, le véritable de couleur verte.

SPA : (abrév.) Situation de Prise d'Arme. Appel, liste des personnels.

Suce boules : (n. masc. syn. Lèche-cul, V PC) Personnel zélé qui flatte lourdement et continuellement l'autorité afin d'obtenir une promotion.


T

(tango)

 

 

TAM : (abrév.) Tir Armement Munitions. On retiendra d'un cours TAM mémorable, la réplique d'un ADJ/C, à propos d'une pièce du PA, "ça, c'est touche-pas-p'tit-con, dans le manuel".

Tarlouze : (insulte) contraction de "taré", "pelouse", "lopette", "partouze". On se perd en conjectures les plus diverses sur la signification de ce mot.

Tas (de pue) : (n. Masc.) Terme d'OS qui désigne les déplacements désordonnés ou une mauvaise exécution.

Terrain : champ de manoeuvre et le plus souvent métaphoriquement champ de bataille. Dans la mythologie militaire, l'impératif est le suivant : "le terrain commande". Peut-être doit-on y voir l'influence du chapitre neuf du célèbre traité de stratégie de Sun Tzé.

TIG : (abrév.) Travaux d'intérêts Généraux, i.e. ménage.

Treillis : (n. Masc.) costume militaire. Il se décline de trois manière : le treillis de DEF, lustré flashy-disco (avec petit foulard), le treillis de travail et le treillis de combat, usé car nous sommes tous de rudes combattants.

Trou : (n. Masc.) (syn. Château, zonzon) Lieu où sont détenus les punis d'arrêts.

TRPP11 : (abrév. Etymologie polémique) Transporteur Récepteur Phonique Portable modèle 11. Talkie-walkie résistant facturé au poids de l'or par Thomson.

TTA : (abrév.) Texte Toutes Armes.


 

V

(victor)

 

 

Verte : (n. Fém. Syn. Tataouïne, Pétaouchnock, cambrousse) Nature. La verte désigne la campagne sur le terrain par opposition au contexte urbain.

VITALC : (abrév.) Visibilité Invisible Tirer et lancer des grenades Abriter Liaison Chemin de repli. Principe directeur du trou de combat du GV.

VSL : (abrév.) Volontaire Service Long. Il est à noter que le VSL pousse la coquetterie jusqu'à broder d'un fin liseré d'or le haut de son grade.


 

Z

(zoulou)

 

Zéro : (n. Masc) (V Libérable) Cri de joie du libérable qui énumère la fin de toutes les activités sur base par un "zéro dans la garde", "zéro dans le bordel" etc.

ZMS : (abrév.) Zone Militaire Sensible (exemple : solde, pécule).

 


 

Rien à branler je suis objecteur , né après 78, militaire (et pas très poli).